Le LABo des Fées
David Coignard & Laurent Stoutzer

NARCISSUS

installation aquatique

Entrez dans un espace aux contours indéfinis

 

Narcissus or the first social network pose le mythe de Narcisse et d’Écho comme métaphore de cette réflexion sur la relation image et son : objet cinématographique, l’installation intègre au centre de son processus créatif les fonctions de l’écran et de l’enceinte. Ainsi ces matériaux fondamentaux de la diffusion deviennent à la fois objets et sujets : entre deux imaginaires qui se cherchent l’un l’autre (le son et l’image), s’intercale le réel (la matière eau) ; le dispositif met la matière physique au prise avec l’outil numérique.

En s’emparant du mythe de Narcisse l’installation créée une mise en abîme du sujet et de son support de diffusion. La scénographie en donne la simple expression.

Rares sont aujourd’hui les moments où l’on prend le temps d’un recueillement avec soi-même, encore plus rares ceux où nous le faisons face à notre propre reflet. Nous vivons à l’ère de la vitesse en toute chose, où notre image file sans frein dans les réseaux sociaux. L’installation Narcissus or the 1st social network propose un break : elle se pose en douce médiatrice d’une confrontation à nous-même et nous guide dans l’abîme des miroirs tendus. Ainsi elle ouvre, dans ce tête-à-tête obsessionnel, de nouveaux espaces de réflexion et de sensation.

Narcissus or the 1st social network est une installation qui propose au visiteur de plonger dans le mythe de Narcisse par une expérience immersive de 5 minutes. Elle questionne ce rapport à notre image, un narcissisme inhérent aux réseaux sociaux omniprésents.

Un dispositif immersif

Le dispositif est construit autour d’un meuble surfacé d’eau, enserré par des cloisons, qui plonge l’ensemble dans un noir (presque) total. Une lourde porte en donne l’accès.

Lorsque la porte se ferme sur le visiteur, une tension s’installe. L’intérieur est intime. A son entrée, un sol sensible le détecte et déclenche une série d’évènements : sons spatialisés, projections vidéo, jeux de lumière, chutes de gouttes d’eau, vibrations de l’eau, du corps… des évènements qui se synchronisent les uns aux autres et opèrent un glissement progressif vers un monde où la pensée fait place aux sensations. Cet espace est à la fois mental et physique, le virtuel agit là sur le matériel, le matériel sur le virtuel. Ici se construit une mise en abîme de ce qui est vu avec ce qui est vécu, du réel avec le fictionnel : le spectateur est l’acteur, il assiste au spectacle d’un lui-même…

 

Du plafond, la chute d’une goutte trouble le miroir d’eau. Des effets sonores y synchronisent une brise qui la traverse.
Ainsi les sons et les images projetées se matérialisent et se dé-matérialisent dans l’eau, au gré de ses remous. La nature des séquences, de la musique, transporte peu à peu le visiteur dans sa partie intime… jusqu’au surgissement de son propre reflet, baignant parmi d’autres apparitions métaphoriques, propres au questionnement. Ce dialogue se suspendra à l’éclosion de la fleur de Narcisse.

Génèse du projet

Aujourd’hui le traitement du son dans un sens très large en fait le parent pauvre de l’image. Mais en a-t-il toujours été ainsi ?

Depuis de nombreuses années, le musicologue Iégor Reznikoff, a engagé une recherche sur le pouvoir sonore des cavernes ornées. Il a pu ainsi établir, à l’époque préhistorique, une incidence du son sur l’image : les motifs des peintures rupestres seraient liés et positionnés en fonction des phénomènes de résonance acoustique des grottes. Cela était-il une manière de valoriser l’image par le son, ou le son en lui-même était-il suffisamment important pour donner lieu à une image? Quoi qu’il en soit, il semble bien que les artistes préhistoriques qui réalisèrent les fresques retrouvées dans de nombreuses cavernes de par le monde aient voulu laisser le son en même temps que l’image.

Notre culture s’est bâtie sur le visible, ignorant celle de l’invisible. Ovide renvoyant Écho dans le fond d’une caverne après n’avoir pu séduire Narcisse, prisonnier de son image réfléchie, expose ce mode de pensée de «l’homme moderne».

«… La mystique du cinéma repose sur l’abolition de l’opposition entre le monde extérieur et le monde intérieur, entre l’esprit et le corps, entre le sujet et l’objet, entre la connaissance scientifique et le sentiment éprouvé…» Cristiane Freitas Gutfreind

Narcissus or the 1st social network –
Installation vidéo sonore immersive du collectif INSUTO.
Conception David Coignard – Musique Laurent Stoutzer – Scénographie Pierre Sanz.

 

A Propos

Fées d'hiver
Centre d'arts Numériques
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